BAUDELAIRE, Charles, Les Fleurs du Mal
Opiomane, alcoolique, éternel contestataire, en faisant du Beau avec le quotidien, l'auteur des Fleurs du Mal et du Spleen de Paris a bousculé tous les codes du XIX° siècle et révolutionné la poésie. Un pur génie.

frontispice de Félicien Rops
Recueillement
Sois sage, ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille
Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici :
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.
Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma Douleur, donne-moi la main ; viens par ici,
Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées ;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant ;
Le Soleil moribond s'endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l'Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.
Découvrir également l'album musical : Charles et Léo interprété par Jean-Louis Murat.
Par florilege, Samedi 26 Avril 2008 à 22:23 GMT+2 dans Les classiques (article, RSS)






